LA REVUE DE PRESSE


Le Dauphiné  Libéré
LUNDI 15 FEVRIER 1999 - N° 16873

L’avenir à la lueur du passé.
De passage à Grenoble, Tahar Belkhodja, auteur des " Trois décennies BOURGUIBA", donne sa vision du Maghreb d’aujourd’hui... et de demain.
L’association "amitiés et liens Franco-Maghreb", que son directeur Chadli Daouf présente comme "la plus vieille association maghrébine de France", s’est donné pour objectif, dans un cadre ouvert et apolitique, de faire découvrir les spécificités de cette région du monde. "Nous pensons que la diaspora maghrébine a un rôle à jouer dans le développement de la démocratie dans les pays du Maghreb", expliquait M. Daouf. C’est donc tout naturellement que l’association recevait samedi après-midi M. Tahar Belkhodja, qui a été un proche collaborateur de Habit Bourguiba, et occupa divers postes diplomatiques, étant également député tunisien. M. Belkhodja vient de sortir un ouvrage intitulé "Les trois décennies Bourguiba", où il donne un témoignage fort sur une période clé de l’histoire contemporaine de la Tunisie. Nous avons demandé à M. Belkhodja quelle était sa perception de la Tunisie d’aujourd’hui. " La Tunisie d’aujourd’hui est le produit de la Tunisie d’hier. Avec ce qu’elle a été et ce qu’elle veut devenir, c’est une entité qui peut avoir de l’avenir pour que cette région maghrébine et ce grand ensemble européen puissent aller de l’avant ". M. Belkhodja, on le voit, est un farouche partisan de la coopération entre le Maghreb et l’Europe. "Si notre rive de la Méditerranée se développe de façon harmonieuse, cela peut régler beaucoup de problèmes ", assure-t-il, évoquant notamment " les problèmes d’étanchéité et d’immigration.
La Tunisie de demain? " Son avenir économique, son avenir politique, est dans cette coopération verticale que nous voudrions faire évoluer d’un ensemble à un ensemble, du Maghreb avec sa diversité, ses nuances, à l’Europe ".
Son souhait est que " la région soit paisible, qu’elle soit prospère. " La Tunisie est-elle pour autant loin des problèmes que connaît par exemple l’Algérie? " Il est possible que la Tunisie ait le privilège de ne pas avoir les problèmes de l’Algérie, mais les problèmes de l’Algérie peuvent avoir des incidences sur la Tunisie. Nous sommes donc intéressés à ce que l’Algérie résolve ses problèmes, pour s’intégrer dans une coopération. Avec une Europe prospère et qui évolue, on ne peut plus avoir à traîner une région qui souffre encore de problèmes endémiques. Il faut que le fossé soit le moins grand possible ".
Mais M. Belkhodja estime que " le problème de l’Algérie est en partie résolu, parce que la population algérienne a compris ce qu’est son devenir, qu’il n’est pas un retour vers l’obscurantisme, mais aller vers la modernité ". Car selon lui, le " fondamentalisme est un épiphénomène, seul le développement économique et social peut le résoudre ".
La Tunisie, un modèle? " La Tunisie, dans l’ensemble maghrébin a des acquis spécifiques, un modèle particulier. Elle a eu des progrès tangibles au temps de Bourguiba. Mais elle ne peut évoluer que dans un ensemble maghrébin, et avec un ensemble européen. M. Belkhodja est un témoin et un acteur. Son ouvrage est plein d’enseignements. " Je voudrais encourager les anciens à écrire pour éclairer cette jeunesse ", explique-t-il. Lui qui a vécu ces " trois décennies Bourguiba " estime qu’aujourd’hui " les choses vont mieux qu’avant. Nous en avons terminé avec les séquelles du colonialisme et le sous-développement. Les perspectives sont claires. Il faut que les gens se sentent solidaires. Toutes les bonnes volontés doivent s’y mettre ".

J.-P.F.

" Les trois décennies Bourguiba " de Tahar Belkhodja, éd Arcatères/Publisud.



L'EXPRESS
du 11/02/99, page 66, sous la plume de Dominique Lagarde 

 

La Tunisie sous Bourguiba

 

Proche collaborateur du président Habib Bourguiba, plusieurs fois ministre dans les gouvernements de Hedi Nouira et de Mohamed Mzali, Tahar Belkhodja a longtemps fait partie des habitués du palais présidentiel de Carthage. Il a vécu aux premières loges pratiquement tous les grands événements des trois premières décennies de l’indépendance de la Tunisie. D’où l’intérêt de son témoignage (1). Certaines informations sont inédites, notamment sur la rencontre, en 1961, à Rambouillet, entre le général de Gaulle et Bourguiba - Belkhodja était alors le représentant de la Tunisie à Paris - ou à propos du sommet tuniso-libyen de Djerba de janvier 1974, au cours duquel fut proclamée une très éphémère " union " entre la Tunisie et la Libye.

L’autre attrait de ce livre, c’est l’absence de langue de bois. Bourguiba y apparaît tel qu’il fut : un grand homme soucieux de modernité et doué d’un vrai sens politique, mais aussi un autocrate " obnubilé par son prestige ".

Pouvoir absolu, culte de la personnalité : l’ancien ministre, qui décrit dans le détail l’échec de la tentavive pluraliste de 1981, regrette " le déficit démocratique qui a caractérisé le régime " et qu’il rend responsable de la bataille pour la succession qui a empoisonné les dernières années de la première république tunisienne.

 

Dominique Lagarde

(1) Les Trois Décennies Bourguiba, par Tahar Belkhodja. Ed. ARCANTERES-Publisud, 1998, 286p.



LA COHORTE

Revue de la Sociéte des membres de la Légion d'Honneur.
N° 156 - Février 2000.

Tahar BELKHODJA : LES TROIS DECENNIES BOURGUIBA

Ce livre est un témoignage d'un homme qui a été profondément marqué par de longues années d'étroite collaboration avec Bourguiba, portant sur les trois premières décennies de la Tunisie indépendante. Il présente le gros avantage pour le lecteur de pouvoir vivre les principaux évènements à travers le récit d'un acteur politique direct qui a, selon ses propres termes, souhaité contribuer à éclairer l'histoire de la "chevauchée" tunisienne de 1955 à 1987.

Editions Arcantères - Publisud --Paris 1998