4 - Le jeudi noir : un affrontement inutile

" Ksar Hellal "

 

Moins d’un mois plus tard, en octobre 1977, fortuitement mais dramatiquement, le coup de tonnerre de Ksar Hellal allait rappeler, s’il en était encore besoin, le caractère explosif de la situation et l’urgence d’y porter remède. Avec le recul, on peut y voir une sorte de lever de rideau, le prélude à ce “jeudi noir” qui, en janvier suivant, traumatiserait le pays.

Ksar Hellal, la ville où était né le Néo-Destour(1934) ville symbole, avait vu se développer rapidement ses activités commerciales et industrielles. En 1977, on comptait plus de six mille ouvriers étrangers à la ville, la plupart venus du nord. La société d’Etat (Sogitex), dirigeait à partir de Tunis les importantes usines textiles de l’agglomération, non sans problèmes. Déjà, en juin de cette année, le Premier ministre et le ministre de l’Economie, venus en discuter à la cellule du parti, avaient été assaillis de questions sur la gestion de l’usine. Les “Destouriens” reprochaient au directeur d’avoir licencié des ouvriers non qualifiés, recrutés sur recommandation expresse de la cellule du parti. Et l’on retrouvait là les séquelles de la “période Ben Salah”, collectiviste et socialiste, quand les entreprises d’Etat, surchargées d’un personnel aussi “recommandé” qu’inutile, étaient devenues plutôt des entreprises sociales, ruineuses pour tous.

Le 10 octobre 1977, à la suite de grandes pluies, quelques balles d’étoffes ayant été inondées et détériorées, le directeur local voulut s’en débarrasser en les brûlant. Aussitôt, les ouvriers sautèrent sur l’occasion pour accuser le directeur de dilapider le patrimoine de l’usine. Ils décidèrent la grève sur le tas et occupèrent les locaux, demandant qu’un responsable de l’Etat ou du parti vienne constater le “sabotage”. Personne ne se dérangea pour autant. Le PDG de la Sogitex, à Tunis, était un intime et un conseiller personnel du directeur du PSD.

Achour, au téléphone, m’avoua qu’il n’approuvait pas cette action, mais qu’il comprenait les ouvriers ; comme d’habitude, il ne voulait pas être dépassé par ses troupes, tout en cherchant à se montrer conciliant. Je lui rétorquai que c’était une grève sauvage et que nous allions agir rapidement pour faire évacuer l’usine. Il savait que c’était sérieux.

[Le même scénario s’était déjà produit le 4 mai 1973 : j’avais fait expulser par la BOP, sans incidents et au petit jour, plusieurs milliers d’agents des garages de la Société nationale des transports (SNT) à Bab Saadoun, qui, depuis 48 heures, occupaient les hangars. De même, en 1976, à l’aciérie El Fouledh, à Menzel Bourguiba, les ouvriers en grève qui occupaient les lieux avaient été expulsés, plusieurs d’entre eux se voyant même interpellés et condamnés en flagrant délit. Chaque fois, la police accomplissait son devoir, malgré l’opposition de l’UGTT et la réserve de certains politiciens du parti, qui jouaient souvent le pourrissement.]

A Ksar Hellal, dès le premier jour, des éléments de la BOP, arrivés de Sousse, occupèrent l’usine et évacuèrent les ouvriers. Et c’est le deuxième jour seulement, que se dérangea le représentant régional du parti, Makhlouf. Il fut accueilli par le chant de la résistance et des cris de “Vive Bourguiba !”; maladroitement, il répliqua par des menaces. La tension monta : le parti avait encore perdu l’occasion de résoudre le conflit, ou du moins, de calmer la situation, car, désormais, les élèves du lycée, à la sortie des cours, allaient se joindre aux ouvriers. On déclencha la sirène de l’usine et les ambulances, en alerte, se joignirent au mouvement pour créer l’ambiance. A la rumeur d’un mort, la population descendit dans la rue. Un car de la société régionale de transports fut incendié. Finalement, la BOP entra en ville, dispersa les manifestants et en arrêta quelques-uns que je fis libérer le soir même, en signe d’apaisement, tandis que les forces de l’ordre restaient cantonnées à l’usine.

Le lendemain, dès le petit jour, on arrive de Moknine, de Sayada, de Lamta, des villages limitrophes. A 11 heures, même scénario à la sortie des lycées. Les agents de police, peu nombreux, se retirent dans leurs commissariats. Les manifestants, brandissant des photos de Bourguiba, assiègent ces postes de police. Le soir seulement, la situation s’apaise, mais tout recommence le lendemain. Le gouverneur, Mansour Skhiri, les responsables locaux et régionaux, me suppliant de leur donner un peu de temps, font en vain, la nuit, du porte à porte. L’inefficacité du parti, des organisations nationales, des cadres, est flagrante. Les barrages édifiés par les manifestants sont détruits le soir par la police, mais le lendemain, à partir des terrasses, on jette toutes sortes d’objets sur les forces de l’ordre. La police est face à la rue. Hommes, femmes, enfants sont complices. Les manifestations continuent, tout se passant désormais à partir des hauteurs et dans les ruelles. Des récipients remplis d’huile servent à imbiber des toiles d’alfa qu’on jette sur les automitrailleuses de la BOP, dont l’une est stoppée malencontreusement par un dépôt accidentel de fils de fer barbelés qui s’enroulent autour de ses roues.

Ce troisième jour est un jour de liesse pour les émeutiers et pour la population, la police s’étant barricadée et la BOP restant parquée à l’usine. Il fallait donc finir par en découdre. On ne pouvait accepter plus longtemps une situation devenue proprement insurrectionnelle, où toute autorité de l’Etat semblait s’être évanouie.

J’informai le Président que je ferais appel, comme d’habitude, à la police militaire, en lui promettant de nous en sortir sans effusion de sang. Mais à Sousse, il n’y avait que l’armée, qui ne pouvait être commandée par des policiers. Finalement, je convins avec le ministre de la Défense que je dirigerai les opérations moi-même, à partir de Tunis. Et tout de suite, j’enjoins au commandant militaire de la région, Abdelmajid Kaddour, aussi intelligent que perspicace, de ne permettre aucun coup de feu sans mon autorisation personnelle.

Ce jour-là, 14 octobre, trois unités de l’armée représentant près de 350 hommes, dont un commando amené de Bizerte, entrent donc dans Ksar Hellal de trois directions différentes. Deux hélicoptères survolent la ville. Le commandant Kaddour a ordonné aux soldats de faire preuve de sang-froid et de ne pas tirer sans permission. Un seul, mais sans conséquences, enfreindra la consigne : une rumeur ayant, paraît-il, circulée selon laquelle les armes étaient chargées à blanc, il cribla de balles le mur de la mosquée pour bien montrer qu’il n’en était rien.

Cette incartade mise à part, tout se déroule au mieux. La population, impressionnée par l’entrée dissuasive de l’armée, regagne les domiciles. La BOP intervient et disperse les derniers manifestants.Vers 20 h 30, Ksar Hellal devient pratiquement déserte. Les gens venus de Moknine et des environs se replient vers leurs villages.

Il n’y a eu ni morts, ni autres “bavures”. Ce dont j’informe immédiatement le Président et le Premier ministre qui, restés à l’écoute, me félicitent chaleureusement. Mais comme c’était la première fois que l’armée intervenait, je lirai plus tard dans la presse du parti que le gouvernement avait dû faire appel à l’armée en raison de la défaillance de la police : c’était faux, l’armée était intervenue à ma demande, pour servir d’appoint efficace à la police, comme cela avait toujours été le cas, à Tunis, avec la police militaire. Ce qui était grave en réalité, on le savait, mais on ne pouvait plus le cacher, c’est que les structures du PSD et de l’Etat venaient de confirmer ou de révéler, pour certains d’entre nous, leur inexistence et à tout le moins leur passivité. Tout le monde avait été dépassé par les événements : tout, à tout moment, pouvait donc se passer dans ce pays.

Les réunions du bureau politique furent houleuses. Nouira qualifia Ksar Hellal de “Beyrouth”. On se mit à épiloguer sur les responsabilités des uns et des autres. Il fallut d’abord rejeter la thèse de la direction du parti, selon qui des commandos d’ouvriers et de gauchistes, vêtus de chemises rouges et arborant des brassards indicatifs, avaient tout organisé. Mongi Kooli, membre du bureau politique et président de la cellule du parti à Ksar Hellal — qui venait de rentrer de mission — expliqua que les fameuses chemises venaient simplement des surplus de la Sogitex et s’étaient trouvées en vente sur tous les marchés hebdomadaires de la région ; et il mit en cause l’absence du gouverneur, ainsi que l’agressivité du représentant régional du parti lors de sa rencontre avec les ouvriers. La vérité — qu’on commençait à entrevoir sans encore se l’avouer — était qu’on avait assisté à une faillite complète des cadres responsables, ce qui traduisait la fragilité dangereuse du système. L’absence de Kooli, à cette époque président de la cellule et maire de la ville, en voyage à l’étranger, avait été durement ressentie.

Les événements de Ksar Hellal ont préfiguré en miniature le “Jeudi noir” mais encore sans tragédie. Tous les ingrédients du drame sont déjà réunis. Ces foules qui n’ont rien à perdre, ces jeunes désœuvrés, ceux qui n’acceptent pas la pesanteur du régime ou n’y sont pas intégrés, descendent dans la rue pour “la casse”. Nouira, peu après, le reconnaîtra pour le déplorer dans un discours à Nabeul : “Cette localité, Ksar Hellal, que nous connaissions comme un symbole du militantisme, s’installe dans la crise, l’anarchie et la rébellion, dans le sens plein du terme, juridique et moral...”.

Le 10 décembre, à l’Assemblée nationale, le Premier ministre déclarera : “Ksar Hellal nous force à reconnaître avec tristesse que l’intégration nationale n’a pas encore atteint son degré d’enracinement définitif”.

Moi-même enfin, le 16, toujours à l’Assemblée nationale, je prolongerai à ma manière l’analyse du Premier ministre : “L’œuvre de développement expose la société tunisienne à des tensions qui sont directement provoquées par la grande mutation sociologique que nous vivons, nous devons nous préparer en conséquence”.

Politiquement, la leçon n’en était pas moins claire. Pour Nouira, l’échec était total. Le “pacte social”, ce pacte sur lequel il avait construit toute son action politique, neuf mois seulement après son entrée en vigueur n’avait plus aucun sens.

Cette révolte de Ksar Hellal sans précédent par son ampleur depuis l’indépendance, était donc clairement un signal d’alarme. Mais le pouvoir ne sut ou ne voulut pas l’entendre. Au lieu d’analyser les événements, chaque “camp” s’employa à se rejeter les responsabilités. Sayah et Farhat accusaient l’UGTT ; Achour répliquait que la police et la milice avaient multiplié les provocations. Personne ne cherchait à comprendre pourquoi et comment le “pacte social” avait si lamentablement échoué. Au gouvernement, le Premier ministre qui avait tout misé sur son alliance avec le leader syndical, balançait entre les deux tendances, jusqu’aux - boutistes et modérés, qui s’affrontaient autour de lui en s’attachant au seul problème du pouvoir, et en ignorant les conditions sociales et surtout politiques du pays.

La seule analyse sereine que j’aie pu développer, je ne l’ai pas faite au bureau politique mais, significativement, en tête à tête avec le Président lui même, le lendemain des émeutes de Ksar Hellal. Ce fut pour moi un événement. Pour Bourguiba aussi, peut être, car c’est la seule fois que, tout en étant très proche de lui, je me montrai franc à la limite de ce qu’il avait l’habitude d’entendre. Ma rigueur pouvait provoquer mon limogeage, avant même que j’eusse le temps de lui offrir spontanément ma démission, mais j’étais porté par l’urgence de la situation et sans doute la ressentait-il lui aussi.

Je lui décrivis donc longuement les événements dans cette ville, en lui expliquant que nous étions tous dépassés, que le système ne fonctionnait plus et que le sang aurait pu couler à Ksar Hellal :

“Si la situation n’est pas vraiment analysée, si l’on ne résout pas les problèmes de fond, Ksar Hellal se répétera et en plus dramatique, nous entrerons dans un engrenage fatal (...) J’enchaînai sur un thème auquel je le savais particulièrement sensible : cela fait un demi siècle que vous êtes au pouvoir. Vous avez toujours été soutenu par l’adhésion populaire. Vous vous êtes toujours refusé à gouverner par le fer et par le feu, par la violence policière ou par la force armée (...) Certains, par irresponsabilité, par inconscience peut-être, ou pour d’autres raisons risquent d’entraîner le pays vers le chaos”.

J’étais révolté par la passivité du parti et par l’intensité de nos querelles devant les événements. Je le devinai ému, réceptif. J’en arrivai à taper plusieurs fois sur la table pour ponctuer mes phrases : “Pas plus que vous, lui dis-je, je ne suis l’homme de la répression. Il est très facile de donner à la police l’ordre de tirer, puis de compter les morts. Ensuite, il faut recommencer. Et c’est ainsi qu’on se coupe de la nation”.

Je lui rappelai cette entrevue mémorable qu’il avait tenu à organiser, un mois à peine auparavant, avec Achour, Nouira et moi-même, et qui nous avait permis d’éviter la crise, et comment la trêve n’avait pas duré parce que l’on ne s’était pas attaqué à l’essentiel : le consensus indispensable entre le parti et toutes les forces vives de la nation. De l’un et de l’autre, du PSD et de l’UGTT, je lui montrai à la fois la force et les faiblesses, en concluant que leur affrontement au sommet, se répercutant à la base, ferait courir au régime d’immenses risques...

Cette entrevue, qui dura plus d’une heure, fut pathétique. Par trois fois, je dis au Président que j’étais prêt à partir. Chaque fois il objectait que ce n’était pas le moment. Je le sentais ébranlé, j’avais implicitement pris mes responsabilités en m’expliquant, sans concession, en dressant un diagnostic sombre qui, malheureusement, se révélerait juste. C’était ordinairement un exercice impossible au bureau politique, ou en tout autre lieu, sinon parfois avec mes plus proches collaborateurs ou quelques amis politiques. Comme d’habitude, en de tels moments, Wassila avait tout écouté ; à la sortie, elle me reprocha ma véhémence. “Je n’ai fait que mon devoir, répondis-je, et je suis sûr que le Président l’a compris”.

Enfin, pour tenter plus directement d’infléchir la politique au niveau gouvernemental, je remis, au début du mois de novembre 1977, un rapport personnel et confidentiel au Premier ministre. Avec le recul, je pense que j’aurais dû le remettre directement au Président et le commenter devant lui : cela eût, sans doute, créé une crise, peut être dramatique, mais certainement salutaire. [J’avais eu le même cas de conscience, en 1968, lorsque, responsable de la Sûreté nationale, je répugnais à enfreindre la solidarité gouvernementale pour dénoncer l’aventure collectiviste].

En l’occurrence, je faisais encore confiance au Premier ministre, que je savais hésitant mais honnête et fondamentalement hostile à un conflit avec l’UGTT qui scellerait l’échec de toute sa politique. Aussi crus-je possible de l’influencer par ce rapport exhaustif qui, basé sur des données confidentielles fournies par mes services, lui permettait de connaître tous les aléas et les dangers que pouvait courir incessamment le pays. Cela devait normalement l’encourager à neutraliser la pression des durs du PSD aussi bien que de l’UGTT.

Je lui écrivis donc en conclusion de mon rapport :

On ne peut considérer les derniers événements de Ksar Hellal, de Sfax [1] , et les heurts sanglants comme des incidents de parcours ou des problèmes de conjoncture locale qu’on se refuse à commenter et à analyser. Ces événements ont des causes communes et se répéteront (...). Cette agitation sporadique débouchera inévitablement sur une catastrophe si l’on ne s’attaque pas à ses causes profondes : d’autant plus que la crise est aggravée par les déclarations contradictoires des responsables du pays et la radicalisation de leurs positions (...) Le malaise politique et social qui semble s’installer partout, devient, potentiellement explosif, surtout dans les villes déshéritées du nord-est, du centre et du sud où une masse désœuvrée faite de chômeurs, de marginaux et de laissés-pour-compte de l’enseignement se trouve de plus en plus disponible pour la violence et pour la casse (...) Quant à ces exclus de la société, il y a lieu de revenir, au moins provisoirement, aux grands chantiers afin de réduire le chômage (...) Dans le domaine économique et social, enfin, il est (...) urgent d’ouvrir rapidement des négociations entre le gouvernement, l’UGTT et l’UTICA(...) Dans le même temps, une sorte de conseil de sécurité, installé autour du Président ou du Premier ministre, permettrait d’éviter les dérapages, où les débordements des uns et des autres amèneraient tôt ou tard le pays à l’irréparable. Politiquement, il est nécessaire et urgent d’amorcer une ouverture, avec amnistie générale et appel solennel du chef de l’Etat à la concorde nationale (...)”.

Je le répète, j’ai probablement eu tort de ne pas communiquer au Président ce rapport de la dernière chance. Tel quel, je le jugeais tout à fait acceptable par le Premier ministre : j’eusse aimé qu’il m’appelât pour en discuter et, le cas échéant, le soumettre au bureau politique. Mais il ne le fit pas, pas plus qu’il n’avait commenté mes récents éditoriaux, restés ainsi des soliloques. Nouira était foncièrement un libéral, mais il n’avait pas toujours l’audace de se remettre en question. Il lui fallait prendre son temps. Et c’était bien là le problème : nous n’en avions plus. Nous en avions d’autant moins que les positions ne cessaient de se radicaliser. La majorité des hauts responsables souffraient d’états d’âme. Les événements ayant fait leur œuvre, un clivage se forma peu à peu dans les rangs du gouvernement et du bureau politique, surtout entre ceux qui occupaient des postes de souveraineté. A la base, la dérive était patente, la politisation à outrance des problèmes fit le reste au sommet.

A l’UGTT, Achour était aiguillonné, d’un côté au bureau exécutif et à la commission administrative par les vétérans : de vieux militants du parti et du syndicat ; de l’autre côté, à la base, par les “jeunes loups”, qui tentaient d’engager de plus en plus l’organisation syndicale dans une opposition politique.

Au parti, et de là au gouvernement, à la longue, allait se cristalliser le clivage au sommet, s’aggravant de jour en jour entre les boutefeux et les adversaires de la confrontation. Pour les premiers, le parti devait s’imposer et le syndicat se soumettre ; tout conflit renforcerait le parti en éliminant les déviationnistes. Pour les seconds, la Tunisie avait changé, l’évaluation des forces en présence était erronée, toute confrontation bouleverserait le pays et mettrait en cause le système. Les hauts responsables se répartissaient tout naturellement entre ces deux camps en fonction de la formation, du tempérament et de l’éthique de chacun, sans parler des arrière-pensées et des calculs politiques des uns et des autres.

[1] Sfax connut des échauffourées entre la police et les jeunes pendant le mois de Ramadan.
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