7 - Le printemps démocratique et  l’échec du pluralisme

" Le pluralisme "

 

Le 24 avril 1980, après avoir acquis la conviction de l’empêchement définitif de Nouira, Bourguiba nomma Mzali Premier ministre. Mais celui-ci, n’ayant jamais occupé de poste de souveraineté, on conseilla au Président de l’épauler par quelques vétérans. En vérité, on voulait tenir une ancienne promesse de réintégrer dans le gouvernement certains anciens ministres qui avaient fait leurs “preuves” lors de l’implosion, en 1979, du Mouvement des démocrates socialistes (MDS), présidé alors par Ahmed Mestiri. L’idée de mon retour au gouvernement, que le Président recherchait, fournit pour cela une excellente couverture. Ainsi fus-je nommé, en décembre 1980, ministre de l’Information, tandis que Béji Caïd Sebsi devint ministre délégué auprès du Premier ministre. Le Président écourtait ainsi mon “transit” après le Jeudi noir pour me faire revenir encore une fois à des responsabilités nationales.

Plusieurs tractations avaient précédé ce remaniement. J’appris même que, juste avant la publication du communiqué officiel, Bourguiba, recevant Ahmed Bennour, secrétaire d’Etat à l’Intérieur, lui confiait qu’il “tenait plutôt à me nommer à la Défense et qu’il le ferait en juin prochain”. Par ailleurs, Jeune Afrique (10 décembre 1980) révélait qu’on avait pensé “instituer une commission spéciale pour préparer le congrès du parti dont on confierait la présidence à Tahar Belkhodja”.

Bref, j’atterris, le 3 décembre, au ministère de l’Information. Rien de particulier ne m’y destinait, mais je connaissais assez Bourguiba pour présumer de ses intentions. Il avait décidé d’ailleurs dès avril de réintégrer au parti et au gouvernement presque tous mes camarades démissionnaires de décembre 1977 : Lasram reprit le ministère de l’Economie ; Ennaceur revint aux Affaires sociales ; Belhadj Amor à l’Habitat ; et Kooli  à la direction du parti. En même temps, Bourguiba nous coopta au comité central : Moalla, Ennaceur et moi même.

Nonobstant toutes ces péripéties, nous revenions donc aux hautes responsabilités, dans une ambiance de détente et avec le désir sincère de tourner la page du Jeudi noir pour entreprendre la rénovation du système. Les rencontres entre les uns et les autres, selon les affinités, étaient nombreuses : il fallait sortir de l’ornière et imaginer le renouveau. Moalla, Hamed Karoui et moi-même, formions équipe et nous nous concertions longuement quant au devenir du pays et à la transformation nécessaire des institutions. Sur notre proposition, parallèlement au bureau politique, nous tenions des réunions informelles, bien restreintes au début, groupant finalement le Premier ministre Mzali, l’incontournable Zargayoun, ainsi que Caïd Sebsi, Moalla, Karoui, Sadok Ben Jomaa, Kooli, Lasram, Guigua, Mezri Chkir et moi-même. On se retrouvait pour dîner, une fois par semaine, chez l’un de nous et à tour de rôle, pour discuter des moyens de concrétiser le changement, ou du moins, imaginer l’évolution du système.

Nous convînmes, en tout premier lieu, de la convocation d’un congrès extraordinaire du PSD, au cours duquel Bourguiba annoncerait solennellement le pluralisme. Nous avions même rédigé le texte à inclure dans son discours que préparait son ancien directeur de cabinet Chedli Klibi. Mais Mzali, confirmant ses réticences premières et redoutant que cela n’affecte sa position de dauphin automatique, revint nous dire qu’on ne pouvait contraindre ainsi Bourguiba, et que Klibi nous demandait d’en parler au préalable au Président . Sans baisser les bras, nous proposons alors de désigner une délégation. Contraint, Mzali consent à présenter le texte à Bourguiba qui le fait sien, sachant toujours appréhender l’essentiel, pour peu qu’on sût lui expliquer qu’il n’y avait pas de risque pour les structures de l’Etat, et aucune crainte de bouleversement brutal de son système.

Le XIème congrès du PSD se tint le 10 avril 1981 et eut son moment fort lors de la proclamation historique de Bourguiba en faveur du pluralisme :

“Le degré de maturité atteint par le peuple tunisien, les aspirations des jeunes et l’intérêt qu’il y a à faire participer tous les Tunisiens, quelles que soient leurs opinions à l’intérieur ou à l’extérieur du parti dans la prise de décision, nous invitent à dire que nous ne voyons pas d’objection à ce que des organisations nationales politiques ou sociales voient le jour”. Les congressistes se levèrent alors comme un seul homme, applaudirent longuement et frénétiquement avant d’entonner l’hymne de l’Indépendance.

Bien que ministre de l’Information, je n’étais pas le porte-parole du congrès, Mzali ayant fait acclamer sans élection les noms des membres du bureau. Parallèlement, au congrès même, je n’en tins pas moins à entretenir régulièrement nos journalistes tunisiens et les nombreux envoyés spéciaux étrangers de notre conviction de réussir le pari de Bourguiba d’instaurer le pluralisme et d’engager la démocratisation de nos institutions. A l’issue du congrès, élu au comité central, je serai intégré par Bourguiba au bureau politique.

Le 31 mai 1981, je déclarai à la Revue du Liban : “L’homme fort en Tunisie, c’est la constitution”. Plus explicitement, en juillet, je précisais à El Hawadeth paraissant à Londres :

“La reconnaissance du pluralisme est acquise, mais maintenant, il faudrait clarifier la formule juridique afin qu’elle s’applique aussi bien au parti au pouvoir qu’aux autres formations. Il y a encore des nuances au gouvernement concernant l’institution d’un véritable pluralisme et aussi le délicat problème de la séparation de l’Etat et des partis. Il faut préciser les responsabilités et l’action des uns et des autres (...). Mes anciennes déclarations à ce sujet ont heurté certains de mes collègues, mais je ne suis pas un fonctionnaire au gouvernement. Je réaffirme que si notre expérience réussit, elle sera bénéfique pour le régime et un bon exemple pour les pays arabes”.

L’Assemblée nationale siégeait depuis 1979, pour un mandat de cinq ans. Il fallait donc monter tout un stratagème législatif pour organiser des élections anticipées qui n’étaient pas prévues par la constitution. Comme les députés appartenaient tous au parti, nous réussimes à obtenir, non sans difficultés, leur démission individuelle. Puis la Chambre des députés vota un amendement constitutionnel le 6 juin 1981, suivi par une deuxième lecture le 9 septembre fixant les élections au plus tard le 31 décembre.

Nous devions résoudre aussi le problème de la participation de l’UGTT. Depuis 1955, dès l’Assemblée constituante, conformément au principe sacro-saint de “l’union nationale”, le parti et les organisations socio-professionnelles se présentaient sur une liste unique sous le sceau du “Front national”. Mais la confrontation du 26 janvier 1978 avait consacré la rupture, et l’UGTT ne pouvait plus accepter de coalition avec le PSD. A son congrès extraordinaire, à Gafsa, le 29 avril 1981, les “pestiférés” d’hier furent réinstallés à la direction du syndicat, et Taieb Baccouche, élu secrétaire général, déclara d’emblée : “La démocratisation de la vie politique est liée à la démocratisation économique et sociale”. La motion générale affirma en outre : “L’UGTT, innocente de toute responsabilité dans les événements du 26 janvier, revendique la proclamation d’une amnistie pour tous les syndicalistes sans exclusive afin d’effacer les traces de l’injustice qu’ils ont subie”.

Dans un discours destourien au Kram, le 20 juin 1981, je déclarai pour ma part :

“Le peuple tunisien ne mérite ni la coercition, ni l’oppression et il a prouvé qu’il ne peut les supporter. Nous devons rétablir la confiance et resserrer les rangs sans comptabiliser les fautes, sans remuer les plaies du passé”.

L’atmosphère était donc à la détente : nous voulions tous oublier ce passé récent et douloureux ; et le parti, ne revendiquant plus de prééminence, venait d’être confié à Kooli, un des anciens ministres démissionnaires du gouvernement Nouira.

Nous fûmes alors chargés par le bureau politique, Guiga, Kooli et moi-même, de mener les négociations avec l’UGTT. Nous choisîmes à bon escient la villa “Dar Maghrébia” à Carthage. L’équation consistait à faire participer l’organisation syndicale aux élections sur une liste commune avec le parti, tout en trouvant une formule pour ne pas entacher son indépendance. Plusieurs jours et plusieurs nuits de négociations ardues furent nécessaires pour aboutir à la constitution d’un “Front patriotique pour les élections législatives”. La Commission administrative de l’UGTT approuvera difficilement l’accord en soulignant que “l’alliance est purement électorale et ne s’opposera pas à ce que ses membres s’inscrivent sur des listes de l’opposition”. Le dénouement fut surtout facilité par une heureuse communication avec Taieb Baccouche et Abdelaziz Bouraoui, de par le souvenir des vicissitudes que nous avions subies dans le passé, les uns et les autres, après le Jeudi noir.

La répartition des sièges fut ardue, mais finalement un compromis fut trouvé : 27 participants pour l’UGTT, 109 candidats pour le PSD et les autres organisations nationales. Tout cet échafaudage faillit pourtant capoter. Le Président, circonvenu encore une fois par le dernier carré des “faucons”, ne voulait pas accepter autant de candidats syndicalistes. Il fallut que le directeur du parti, au cours d’une audience difficile, arrive à le convaincre de la gravité de la situation et le dérider en lui démontrant que sur les 27 de l’UGTT, 12 au moins étaient à la fois syndicalistes et proches ou membres du PSD.

L’opposition fit preuve aussi de tact et de compréhension. Nous décidâmes l’octroi d’une autorisation provisoire permettant à ces différentes formations de se présenter aux élections ; celles qui obtiendraient plus de 5 % des suffrages exprimés seraient alors confirmées.

La deuxième étape consista à crédibiliser nos intentions par l’organisation, du 10 au 29 octobre, d’une campagne électorale transparente, une première pour la Tunisie depuis son indépendance. Les modalités de la répartition des temps d’antenne à la radio et la télévision furent fixées dans la plus totale équité, en fonction des résultats du tirage au sort effectué au ministère de l’Information en présence des représentations des formations politiques, comme de la presse nationale et internationale. Ainsi le Parti communiste devait passer à la télévision le premier avant le Front national. Le temps de parole serait équilibré dans le respect le plus strict du code électoral — libéral dans le texte mais jamais appliqué auparavant. La mise au point de la campagne à la radio-télévision sera tout entière l’œuvre de mon cabinet, malgré les résistances de certains responsables, scandalisés par le fait que l’administration se comporte d’une façon aussi neutre.

A l’étranger, les médias ne se priveront pas de témoigner.  Le Monde du 29 octobre écrivait :

“La vie politique tunisienne aura connu durant ces deux semaines de campagne électorale une intensité jusque là inconnue. Pour la première fois, les courants de pensée auront pu se manifester au grand jour. La démocratie aura assurément franchi un pas important...”  

François Poli observera de même : “Les représentants de l’opposition se montrent effectivement à la radio et à la télévision. Ils disent des choses dont le centième les aurait menés en prison deux ans plus tôt” (Jeune Afrique du 18 novembre).

Au fur et à mesure que la campagne électorale progressait, il se révéla très vite que la population éprouvait de l’engouement pour les opposants. Les interventions de Mestiri étaient percutantes et soulevaient les véritables problèmes économiques du pays. Notre Premier ministre, Mzali, se targuait, lui, des performances de “son” bilan dans toutes ses allocutions.

La crispation devint vite évidente devant le risque de voir basculer l’opinion vers l’opposition. Les listes du Parti communiste étaient conduites notamment par son secrétaire général, Mohamed Harmel à la Marsa, et par le vétéran Mohamed Ennafa à Gafsa. Le MUP était notamment représenté à Sousse par son président, Mohamed Bel Haj Amor. Pour le MDS, Dali Jazi est à Nabeul, mais ce sont surtout les deux listes concurrentes de la capitale qui créaient “l’événement”. Ahmed Mestiri, président du MDS en conduisait une composée d’hommes de bonne réputation comme maître Abderrahman Hila et docteur Hachmi Ayari... Le premier incident fut celui des pressions exercées à l’encontre de maître Hila pour l’amener à renoncer à la dernière minute à sa candidature et faire ainsi invalider la liste de Mestiri. Mais la manœuvre échoua, dans la mesure où il se retira à temps et put être remplacé in extremis par un autre candidat qui permit à la liste de se maintenir. En face, la liste du Front national était conduite par un autre Tunisois, Beji Caïd Essebsi, de retour au PSD après sa dissidence du MDS.

Paniqués devant la perspective de voir Mestiri et ses amis l’emporter haut la main devant Caïd Sebsi, on s’employa, surtout au palais, à raviver l’hostilité de Bourguiba à l’égard de Mestiri qui semblait mieux représenter la capitale, où les figures historiques, comme Mongi Slim et Taïeb Mehiri, avaient disparu. Au fur et à mesure que la campagne électorale progressait, la popularité de la liste du PSD s’effondrait. L’inquiétude s’installa provoquant un tournant brutal qui allait compromettre toute la construction démocratique. Les événements vont dès lors se précipiter. Le ministre de l’Intérieur s’entretient avec le chef de l’Etat, puis se rend immédiatement à Monastir où le Premier ministre faisait sa campagne. La décision est aussitôt prise de revenir à la tradition : la victoire absolue du PSD.

La veille du scrutin, des escarmouches sont provoquées tandis que le jour du vote, les militants du PSD s’affrontent aux observateurs de l’opposition. La police n’intervient que mollement. Devant la multiplication des bavures, l’opposition commet l’erreur de retirer volontairement dès midi ses observateurs de certains des 12 000 bureaux de vote. Les responsables locaux entrent alors en action, et les “opérations de vote” reprendront comme d’antan.

En fait, les dés étaient déjà jetés bien avant le scrutin, en faveur du parti au pouvoir. Les listes électorales étaient en effet établies — et non actualisées — par les municipalités, totalement contrôlées par le PSD. La campagne d’information et de sensibilisation pour l’inscription sur les listes électorales et leur révision avait été bien timide. Dans les pays démocratiques comme la France, le contrôle est opéré souvent au moyen du fichier électoral de l’Institut national des statistiques (INS) : l’inscription des électeurs s’effectue d’office, au fur et à mesure qu’ils remplissent les conditions d’âge. En Tunisie, les listes électorales étaient incomplètes ou périmées, mais finalement les bordereaux attestaient le vote massif de tous les inscrits.

Dès lors, avec un taux de participation de 85 % de votants, les résultats proclamés le 2 novembre donnèrent au Front national 94,6 %, le MDS n’obtenant que 3,2 %, le MUP 0,8 % et le PCT 0,7 %.

L’opposition dénonça avec véhémence la fraude électorale. Le ministre de l’Intérieur répondit que si des bavures avaient pu avoir lieu, elles ne faussaient pas le sens du scrutin. Les plaignants se tournèrent vers l’Assemblée nationale qui, dès l’ouverture de la première session le 9 novembre, rejeta les recours de l’opposition et valida les résultats déclarant : “Les recours de l’opposition étaient parvenues à l’Assemblée nationale après la réunion de la commission de vérification des mandats”. Le Premier ministre Mzali déclara : “Sur le plan arithmétique, pas un seul opposant ne méritait d’être élu. Pas un seul ne peut prétendre avoir obtenu assez de voix pour être élu”. ...Pourtant, “jamais fraude ne fut aussi systématique et grossière”, constataient près de 50 journalistes internationaux invités par le ministère de l’Information pour témoigner sur ce qui devait être, au départ, une grande manifestation démocratique.

Trois jours après le scrutin, le bureau politique du parti se réunit : le ministre de l’Intérieur est interpellé expressément sur les résultats,notamment par Moalla, quelques camarades et moi-même. Il se refuse à tout commentaire se contentant de répéter : “J’ai fait mon compte rendu au Président”. Il ne consent même pas à nous livrer la moindre information sur les résultats réels du scrutin, notamment à Tunis-capitale, Medenine, Jendouba ou à Kasserine où leur proclamation s’était faite avec beaucoup de retard et où différentes sources nous apprirent l’effondrement du parti. Je demandai en vain qu’on nous informe au moins sur nos faiblesses dans certaines régions pour adapter notre action. Rien n’y fit.

Mzali écrira plus tard en 1988, dans sa “Lettre ouverte à Bourguiba” : “En 1981, Guigua m’avait confié que le Président avait ordonné une victoire totale des listes du PSD ; un commando s’était même rendu, la nuit du dépouillement du scrutin, au siège du gouvernorat de Tunis, pour y trafiquer les résultats...”. Mzali le savait donc ! et ne le révélait publiquement qu’à partir de Paris. Nous le savions aussi, mais par ouï-dire : nous avions suivi de près les excès de zèle du gouverneur de Tunis soutenu par l’entourage du Président, mais personne n’osait le confirmer précisément.

Ces élections furent un scandale pour l’opinion nationale et internationale : “Le pluralisme se pratique en solitaire. Le pouvoir danse sans cavalière”, titrait L’Express (6 novembre 1981).

“Après le grand espoir, c’est la surprise et le désarroi (...) Que les manipulateurs du scrutin aient pu agir avec une telle désinvolture dépasse l’entendement, [puis avec humour], le scrutin, disent les Tunisiens, a été comme le henné : vous mettez la poudre sur la peau, c’est vert, vous l’ôtez, c’est rouge”, écrira Jeune Afrique (18 novembre). [Le vert était la couleur des bulletins de vote en faveur du MDS, le rouge celui des bulletins du PSD].

A la manière du “J’accuse” d’Emile Zola, [à propos de l’affaire Dreyfus, en France au début du siècle], l’Avenir, organe en langue française du MDS, écrira à la une et sous la signature de Mestiri : “J’accuse le ministre de l’Intérieur, les gouverneurs et les délégués d’avoir falsifié les résultats du scrutin. Les résultats officiels proclamés ne sont pas conformes au choix du peuple. La loi a été bafouée”.

Mohamed Harmel — un bon camarade de collège — leader du Parti communiste, déclarera : “les résultats sont ridicules, c’est un coup porté au prestige de notre pays”.

Le ministre de l’Intérieur répond, dans le journal Essabah que “ces accusations (...) constituent une tentative claire de semer le doute à propos de notre marche démocratique et de semer aussi la division au sein des membres du gouvernement”.

Pour ma part, je déclare au même quotidien : “La victoire du PSD est une victoire à la Pyrrhus, puisque des composantes politiques de la société ne sont pas représentées au parlement qui, par définition, est le lieu de rencontre des acteurs politiques dans tout système démocratique. La question qui se pose est de savoir si nous allons continuer à consolider cet Etat, en faisant évoluer rapidement ses structures et les adapter à la nouvelle situation que connaît le pays ?”

Ainsi, comme en 1970, une belle parenthèse était fermée ; le système s’était entrouvert un laps de temps pour se replier rapidement sur lui-même. Avec quelques camarades politiques et notamment Moalla et Karoui, nous étions bien déconcertés. Nous aurions dû alors nous déterminer et prendre la décision de démissionner. Je me bornai à déclarer à un journal saoudien : “La démarche démocratique est difficile, mais il n’y a rien de définitivement perdu... L’évolution des hommes et des mentalités imposera bien un jour les changements nécessaires” (Okadh du 21 juin 1982).
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