Habib Bourguiba
Ma vie, mon œuvre
Tome 1 : 1929.1933 Plon 1985 – Paris
… Tout au long d'une carrière déjà longue et terriblement agitée, il eut
à lutter contre la méfiance et l'incompréhension de certains français qui voyaient
en lui l'ennemi public n°1, l'adversaire le plus redoutable de la présence française
en Tunisie, et dans le même moment, parmi les Tunisiens, contre les fanatiques
de l'indépendance totale et immédiate qui voyaient en lui - ou affectaient de
voir en lui - le diviseur de la nation, l'homme-lige de la France, et pour tout
dire un traître, un vendu.
Habib Bourguiba
Ma vie, mon œuvre
Tome 2 : 1938.1943 Plon 1986 – Paris
Extrait de la lettre de
Bourguiba envoyée le 8 août 1942 de sa prison à Marseille, au Fort Saint Nicolas
à Habib Thameur, le directeur du Parti :
... l'Allemagne ne gagnera pas la guerre : elle ne peut plus la gagner,
le temps travaille contre elle et elle sera mathématiquement écrasée...Donne
aux militants l'ordre...d'entrer en relation avec les Français Gaullistes de
Tunisie... en vue de conjuguer si possible notre action clandestine avec la
leur en laissant de côté, pour après la guerre, le problème de notre indépendance.
Habib Bourguiba
Ma vie-mes idées-mon combat
Ministère de l'Information - Tunis 1982
Série de 9 conférences
données d'octobre à décembre 1973 par le président Habib Bourguiba devant les
étudiants de l'Institut de Presse sur l'histoire du Mouvement national de 1903
à 1970 :
... Le premier choc que devait m'infliger la réalité tunisienne remonte
à un jour de l'année 1911 ... des incidents s'étaient produits au cimetière
musulman du Jellaz...
Le deuxième évènement politique qui a marqué ma vie et auquel j'ai participé
d'une façon active, est la manifestation du 5 avril 1922...
... Le Bey avait menacé d'abdiquer... il avait mis son trône en jeu pour soutenir
les neufs points - devenus dix huit - des revendications de Parti ...
...En 1930 fut tenu en Tunisie le Congré Eucharistique en l'honneur du centenaire
de la conquête de l'Algérie ...
... Le 3 octobre 1930 ... à Medenine, le colonel Signoret m'apostropha en ces
termes : vous avez été assigné à résidence à Kébili. Vous avez continué à entretenir
l'agitation . Vous avez multiplié les contacts et jeté le trouble dans les esprits...Là
où vous serez, vous ne trouverez plus personne à convertir.
...Le 26 mai 1940, nous étions embarqués à Bizerte sur un bâtiment de la marine
française... Nous arrivâmes à Marseille, au Fort Saint Nicolas où nous devions
séjourner deux ans et demi.
...au 18 juin, à l'aube, on me conduisit à Tabarka ...on me transféra après
à Remada
Mon séjour se poursuivit à la Galite ...
...Le 31 juillet 1954, Mendes France débarquait à Carthage... et offrit au Bey
l'autonomie interne de la Tunisie... Mendès France avait demandé à me voir secrètement.
Rendez-vous fut pris au domicile du directeur de "Combat" Henri Smadja... l'opération
de désarmement des fellagas était lancée...
En mars 1956... je dînais chez M. Raja Ben Raïs. Le téléphone sonna. M. Christian
Pineau était à l'appareil : Ca y est, m'annonça-t-il, la France est d'accord.
J'espère qu'elle n'aura pas à le regretter.
Pierre-Albin Martel
Habib Bourguiba - Un homme, un siècle du Jaguar
Paris 1999
… L'homme d'Etat l'avait
voulu : son nom demeure non seulement sûr et par les monuments, les statues
ou les portraits : il est inscrit dans l'Histoire... Il est inscrit dans les
mémoires des personnes qui l'ont connu, servi, aimé et/ou détesté, qui vénèrent
ou abhorrent son souvenir. Il prendra un relief nouveau dans l'esprit des hommes
et des femmes des générations à venir, de ceux qui voient se poursuivre, sinon
s'achever son œuvre.
Bernard Cohen
Bourguiba - Le pouvoir d'un seul
Ed. Flammarion 1986 – Paris
... De 1934 à la fin
du siècle : aucun chef nationaliste devenu chef d'Etat n'aura connu une telle
longévité politique... Avec une déconcertante facilité, Habib Bourguiba a su
partir en guerre contre "l'obscurantisme suranné" pour exalter ensuite la fidélité
à la tradition, jouer la carte du socialisme étatique - en tant que symbole
d'un modernisme tiers-mondiste plutôt que doctrine économique - avant de revenir
au libéralisme le plus classique ...
Personnage public haut en couleur ... acteur plutôt que théoricien, rétif à
toutes les idéologies trop figées, préférant ses intuitions à la réflexion collective,
il a vécu avec une rare intensité la solitude du pouvoir.
Sophie Bessis
Souhayr Belhassen
Bourguiba
Tome 1. A la conquête d'un destin 1901-1957
Ed. Jeune Afrique. Paris 1988
… Faire le récit de
sa vie, c'est ... chercher à comprendre comment un homme peut rencontrer un
pays et un siècle, comment chemine la passion du pouvoir ... de quelle façon
la Tunisie est devenue, moitié consentante, et moitié matée, la "Bourguibie",
de quelles grandeurs et de quelles perversions fut habitée cette vie hors du
commun.
Sophie Bessis
Souhayr Belhassen
Bourguiba
Tome 2. Un si long règne 1957-1989
Ed. Jeune Afrique. Paris 1989
... Aucune modernité
des femmes n'est concevable sans leur émancipation. Pendant trente ans, le vieux
leader tenta de faire partager à ses concitoyens cette certitude... L'empreinte
du bourguibisme se mesurera aussi à ce que leur réserve en Tunisie l'avenir...
Telle fut l'ultime leçon d'un homme qui voulut tant marquer son siècle.... ce
pays ennemi des extrêmes y puisera matière à une évolution sans rupture trop
profonde. Bourguiba fait déjà aujourd'hui partie de son passé. Il entre peu
à peu dans sa mémoire. C'est là assurément la plus durable de ses demeures.
André Pautard
Bourguiba
MEDIA Paris 1977
… L'homme est là tel
qu'en lui même près de trois quart de siècle d'une existence tour à tour dramatique
et exaltante, l'ont profondément façonné. Homme multiple, synthèse de courants
contradictoires, toujours prêt à s'exalter et à courir au devant d'un destin
exceptionnel. De Gaulle, qui l'estimait sans l'aimer - mais qui aimait-il vraiment
? - a d'une phrase lapidaire brossé de lui, dans ses Mémoires d'Espoir, ce portrait
précis et direct : "Voilà un homme qui sut toujours être exact aux rendez-vous
que lui fixa l'Histoire.
Omar Khlifi
Bizerte, La guerre de Bourguiba
Edit. Mediacom - Tunis 2001
-Bourguiba : " J'avais
publiquement proposé à la France dès le 17 février 1959, des pourparlers en
vue de trouver une formule de nature à réaliser entre elle et nous une coopération
pour l'utilisation de la base de Bizerte, à condition que cela ouvre la voie
à la solution du problème algérien".
-Le général de Gaulle : " ... dans la situation actuelle de tension internationale
où l'OTAN ne couvre pas la Tunisie, ... la France ne saurait laisser à la merci
d'un coup de main hostile cette base dont l'emplacement, au milieu de la Méditerranée,
peut être d'une grande importance stratégique".
Patrick–Charles Renaud
La Bataille de Bizerte 19-23 juillet 1961
Edition l’Harmattan Paris 1996
De Gaulle : … Bourguiba
nous a fait tirer dessus sauvagement. … Naturellement nous avons riposté … Simplement
cette affaire a révélé la veulerie du monde politique français qui a cru devoir
massivement faire chorus avec Bourguiba … Lamentable ! Déshonorant ! Maintenant,
rien ne s'oppose à ce que nous partions. Nous commençons à disposer d’engins
nucléaires. Nous allons être capable de pulvériser Bizerte et Moscou à la fois.
Philippe Boisseau
Les loups sont entrés dans Bizerte
Edition : France – Empire – Paris 1998
… Parfois, quand
je ne trouvais pas le sommeil, j’ai souvent pensé à vous,
soldats tunisiens ou jeunes militants destouriens en bleus de chauffe, couchés
en grappes dans les rues de Bizerte plombées de soleil, baignant par
centaines dans votre sang qui coulait sur l’asphalte …
Tuer des centaines de jeunes hommes pour une base qu’on a décidé
de toutes façons de rendre et qu’on rendra en effet quelques mois
plus tard ! Quelle folie !
Bahi Ladgham
- Correspondance -1952-1955 : Les années décisives
Cerès Production . Tunis 1990.
… Période
extrêmement riche qui vit se concrétiser … une unité
nationale, sans précédent … même la personnalité
discutable d’un Lamine Bey a fait un bout de chemin avec le mouvement
national …
…C’est un peu plus tard, la guerre inexpiable que se sont livrés
les indépendantistes et les partisans d’une autonomie interne cautionnée
par Bourguiba à qui les évènements donnèrent raison
…
Le Youssefisme d’une part, les débordements de la guerre d’Algérie
de l’autre ont exercé une pression irrésistible …
et ce fut le protocole du 20 mars 1956 qui restaurait pleinement la souveraineté
tunisienne.
Fouad LAKHOUA
Le gouvernement LADGHAM
Editions Alif. Tunis 1990
… La nomination
de Ladgham le 7 novembre 1969 a coïncidé avec un changement de cap,
de l’orientation de politique économique du régime avec
la mise en cause de l’expérience socialiste des années 60
…
Fidélité et honnêteté, telles sont les deux qualités
principales reconnues à M. Ladgham. Le sens du Droit ajouté à
celui de l’Etat semblent en outre caractériser sa conception et
sa philosophie du pouvoir.
Mansour Moalla
L’Etat tunisien et l’Indépendance
Ed. Cerès Production Tunis 1992
… Bourguiba est
à la fois une force de la nature, une volonté indomptable …
Les différentes épreuves qu’il a pu endurer n’ont
pas réussi à le faire fléchir ou douter un seul instant
du caractère sacré de sa mission.. Bourguiba n’est point
un fanatique. Son amour pour la terre qu’il a vu naître n’a
d’égal que son attachement aux valeurs spirituelles connues de
toute l’humanité, qu’elles soient orientales ou occidentales.
Bourguiba en fait également une nation moderne … en ce sens qu’il
dépouille le sentiment national des réflexes malsains de chauvinisme
ou de fanatisme religieux.
Docteur Sliman Ben Sliman
Souvenirs politiques
Edi. Cerès Production Tunis 1989
….En mars 1931,
Bourguiba entrevoyait la libération de la Tunisie dans le giron de la
France. J’avais riposté en parlant de l’indépendance
de la Tunisie.
C’est après l’échec des Allemands dans leur bataille
d’Angleterre que Bourguiba et Ben Youssef crurent en la victoire des Alliés.
En ce qui me concernait, je croyais en la victoire des Allemands …
Le vendredi 18 décembre 1942, le capitaine Barbie nous annonce qu’il
vient nous libérer (de la prison de Monluc à Lyon) … Un
jeune SS m’amène dans son bureau et me parla de la nécessité
pour les Allemands de parachuter des gens derrière le front allié.
Slaheddine Tlatli
Écrits pour l’Indépendance 1946-1956
Edi. Alif Tunis 1991
Habib Bourguiba, 23 mai
1948 :
… L’attitude correcte durant les jours d’épreuve
des chefs nationalistes tunisiens qui, libérés des geôles
français par les Allemands, se sont énergiquement refusés
à frapper la France dans le dos, à mettre leur prestige au service
de l’Axe triomphant.
Moncef Bey, 18 septembre 1948 :
… J’aime mon peuple, j’aime l’ouvrier que l’on
exploite et que l’on asservit, j’aime notre fellah que l’on
exproprie, j’aime ces actifs artisans qui gagnent difficilement leur pain,
j’aime nos étudiants qui s’exilent, j’aime tous ceux
qui luttent et qui souffrent, j’aime tellement ce peuple que j’ai
le pressentiment profond de ne plus le revoir, et c’est ce qui m’accable.
Salah Farhat, 1er février 1951 :
… Je voudrais que nos protecteurs eussent la conviction profonde que
nous ne sommes pas des xénophobes … Seule la fraternité
humaine peut engendrer le bonheur .
Louis Perillier
(Résident général de France en Tunisie 1951-55)
La conquête de l’Indépendance tunisienne
Edi. Robert Laffont Paris 1979
… S’agit-il
d’un pays sans vitalité, d’un peuple dégénéré
qui décline ? … C’est la déchéance qui l’attend
…. C’est l’assimilation. S’agit-il au contraire d’un
peuple sain, vigoureux ? … Le contact d’une civilisation plus avancée
détermine en lui une réaction solitaire … (H. Bourguiba
le 23 février 1931 )
Il est vrai que les tunisiens ont eu, en la personne de Bourguiba, un animateur
hors de pair dont la volonté inébranlable, tendue vers le but,
a eu raison du découragement, de la lassitude, du fatalisme auxquels
certains de ses compatriotes se laissaient parfois aller.
Dr François Arnoulet
Résidents généraux de France en Tunisie : Ces mal aimés.
Novation Ed. Marseille – Novembre 1995
Justin Massicault (1886 – 1892) :
… Lors de la naissance de son fils en Tunisie, il le prénomme
Jean Ali Bey et demanda au souverain le parrainage …
Charles Rouvier (1892 – 1894) :
… Le protectorat ne doit pas seulement viser à exclure les
autres puissances, mais aussi à faire de la colonisation … Il ne
restait plus qu’à inciter les français de la métropole
à venir …
René Millet (1894 – 1900 )
… En 1896, 20 familles françaises partirent pour la Tunisie,
en 1897 34 familles et 22 achètent 3000 ha, en 1898, 53 familles débarquent
et achètent 5000 ha. On pouvait estimer en 1899 à 500000 ha les
terres achetées par les français …
Stephan Pichon (1901-1906)
… Les émigrants français continuent à avoir droit
à des réductions des prix de voyage…. La politique des prêts
avantageux fut maintenue … 635 colons arrivent en 1902, 668 en 1903, 724
en 1904. Des centres de colonisation furent créés …
Gabriel Alapetite (1906-1918)
…Le 30 octobre 1913, un décret crée à Bizerte
la 6ème préfecture maritime française qui avait juridiction
sur tout le front de mer de toute l’Afrique du Nord ….
L’effort de guerre 1914-1918 supporté par la Régence était
appréciable : 63000 tunisiens étaient partis au combat : soit
3% de la population … Il y avait eu 10500 tués ou disparus.
… Je me suis opposé à la nationalisation française
pour les soldats tunisiens en reconnaissance de l’aide apportée
à la France … c’est une violation de nos engagements envers
le Bey : la population tunisienne est attachée à sa citoyenneté
tunisienne et à sa religion …
Lucien Saint (1921-1929)
… En avril 1922 les parties de l’opposition soutenaient les
18 conditions qu’exigeait le Bey M’hamed : Assemblée élue
au suffrage universel, Gouvernement responsable présidé par le
Bey, restitution aux tunisiens des terres de colonisation, substitution du drapeau
tunisien au drapeau français, suppression des naturalisations françaises
effectuées chez les tunisiens, instruction obligatoire, liberté
de presse et de réunion …
… Œuvre maîtresse de Lucien Saint : création de 4 institutions
électives : le Grand Conseil, les Conseils de régions, les Conseils
de Caïdat, la commission arbitrale du Grand Conseil …
Armand Guillon (1936-1938) :
… C’est à Djerba qu’il avait rencontré pour
la première fois Bourguiba. Chacun essaya de charmer l’autre. Guillon
lui affirme qu’il était très au fait du problème
tunisien. Bourguiba lui laisse entendre que le protectorat ne pouvait être
qu’un régime transitoire qui devait déboucher sur l’autonomie
interne puis sur l’indépendance …
Jean Pierre Esteva (1940-1943) :
… Moncef Bey intronisé le 19 juin 1942 était influencé
par son frère cadet le prince Hassine « le cerveau de la famille
» … il était soutenu par le directeur du protocole Sadok
Zmerli vieux franc maçon démocrate …
Le 11 août le souverain remet à Esteva un mémorandum de
3 pages exposant ses revendications. Le ton monte et donne lieu à un
vif échange ….
Après l’intervention d’Esteva le 9 avril 1943, 26 décorations
furent accordées le 11 aux personnalités politiques et militaires
de l’Axe … Il est probable qu’Esteva fut incité à
contraindre Moncef Bey à cette cérémonie de décoration
… pour le mettre à son insu dans le camp des collaborateurs avec
l’Axe …
Jean de Hautecloque (1952-1953 ) :
…Sans avertir le Président général, Lamine Bey
réunit à Carthage le 1er juillet 1952 un conseil de la couronne
formé de 40 personnalité choisis dans le monde religieux musulman
parmi les membres du vieux et du Néo Destour… Le 1er septembre,
la commission des 12 choisi par les 40 membres remet au Bey son rapport …
En France le projet est rejeté … Vincent Auriol répond directement
au Bey le 11 septembre en lui signifiant « les regrets d’une amitié
assombrie … »
Une invitation inattendue du Général De Gaulle en Tunisie s’est
effectuée le 26 et 27 mars 1953 sur l’invitation de Maître
Yves Perrussel …
De Hautecloque avait mené un combat d’arrière garde plus
personnel qu’approuvé par son gouvernement.
Pierre Boyer De La Tour Du Moulin (1954-1955) :
…Le processus se met en marche. Le 4 juillet, Alain Savary se rend
à l’île de Groix où il rencontre Habib Bourguiba détendu
qu’il assure de sa collaboration …
Le 16 juillet, Bourguiba est transféré au château d’Amilly
à 100 km de Paris, et le lendemain Savary a un entretien capital avec
lui sur les phases de « l’opération Tunis ».
Le 31, toutes les communications aériennes et téléphoniques
avec Tunis sont interrompues … A 12.30 h, Mendes France est à Carthage
chez le Bey et reconnaît l’accession de la Régence à
l’autonomie interne.
Charles André
Julien
Et la Tunisie devient Indépendante 1951-1957
Ed : Jeune Afrique / STB Tunis 1985
Vincent Auriol : Mais
pourquoi diable a-t-on collé Bourguiba à Tabarka ? - Robert Schuman
: -Voulez-vous que je vous dise le secret de cet affaire ? Je le sais depuis
ce matin : Hautecloque espérait que Bourguiba en liberté de fait
à la frontière algérienne, s’évaderait. C’est
de la naïveté …
… Quand le Bey voit M. de Hautecloque, sa barbe se hérisse, il
en a peur et dégoût, il ne veut plus le voir .
Mendes France au Bey :
… L’autonomie interne de l’Etat Tunisien est reconnue
et proclamée sans arrière pensée par le gouvernement Français
qui entend tout à la fois l’affirmer dans son principe et lui permettre
dans l’action la consécration du succès ...
Dr. M. Ben Salem
L’antichambre de l’Indépendance 1947 – 1955
Edi. Cerès Production Tunis 1988
… 14 août
52 : j’ai rencontré ce matin à onze heure à la municipalité
d’Aix les bains le président français Antoine Pinay
25 août 52 : Je me rends au quai d’Orsay. Je fais à Monsieur
Schuman l’historique du litige tuniso-français …
7 septembre 52 : Aujourd’hui le souverain a réuni les quarante
personnalités tunisiennes … Réunion historique, le souverain
est assis dans un fauteuil semblable à ceux des autres invités
et non sur son trône
28 mars 53 : Aujourd’hui, le Général De Gaulle a été
reçu par le Bey Lamine 1er en grande pompe … Pendant deux heures,
son Altesse a raconté tous ses ennuis : Il est inconcevable qu’un
homme comme Bourguiba soit jeté comme un malfaiteur, isolé, seul
sur un rocher …
Nicole Grimaud
La Tunisie à la recherche de sa sécurité
Ed. Presse Universitaire de France (PUF) 1995
Debré : «
Je souhaite infliger, au delà de la leçon à Bourguiba,
une leçon à la rébellion algérienne... Je propose
au général d’autoriser les troupes françaises en
Algérie à franchir la frontière … le Général
De Gaulle ne me suit pas … »
Bourguiba : le 17 juillet 1961 : - « Un autre journal français
avance que Bourguiba et De Gaulle sont convenus de différer le règlement
du problème de Bizerte en attendant la solution du conflit algérien….Je
m’inscris en faux contre ces allégations … Il faut rappeler
que lorsque j’ai rencontré De Gaulle à Rambouillet, ce n’était
par pour l’entretenir du problème de Bizerte, mais plutôt
de l’Algérie … »
De Gaulle
Mémoires 1970
… Habib Bourguiba pose d’abord la question de Bizerte … Nous sommes en train de nous doter d’un armement atomique … nous avons de quoi nous garantir de ce qui pourrait éventuellement se passer à Bizerte quand nous serons partis …
Mohamed Masmoudi
Les Arabes dans la tempête
Ed. Jean Claude Simoen Paris 1977
… J’avais
alors la fierté de collaborer avec vous (Bourguiba) en compagnon et en
disciple … c’est juste que vos rendez-vous avec l’histoire
aient été nombreux …
Et cette liberté arrachée après tant d’années
d’éclipse. Faudrait- il l’exposer aux aléas d’une
guerre … contre qui ? … contre les libyens qui tour à tour
nous ont proposé une Union autour du Plateau Continental que vous avez
rejetée, puis une Union générale, organique et totale,
que vous avez signée et que l’on vous a poussé à
renier ? …
Marc Nerfin
Entretien avec Ahmed Ben Salah
Ed. François Maspero Paris 1974
… C’est
dans la fidélité à nos options socialistes, et totalement
confiant en celui que nous avons pris pour un leader honnête, que nous
avons engagé la lutte concrète contre le sous développement
et les inégalités surtout après l’échec de
la politique libéralo-coloniale des années 1957-61 …
… Le chef de l’Etat … choisit courageusement le prétexte
de la maladie pour tirer son épingle du jeu, abusant de ses pouvoirs
illimités pour humilier l’ensemble du peuple feignant d’avoir
été trompé alors qu’il avait trompé tout le
monde, qu’il avait trahi la démarche des masses sur la voie
de la dignité et de la justice.
Mohamed M’zali
Lettre ouverte à Habib Bourguiba
Ed. Alain Moreau 1987 Paris
… Quand les temps
seront mûrs, quand tout ce qui vous (Bourguiba) agite maintenant ne sera
plus qu’une écume des jours lointains, alors on ne se souviendra
plus qu’avec un grand malaise de ce libérateur que les mauvais
génies encourageaient à se renier lui même, à dénaturer
son action et son héritage et à ne léguer à la postérité
qu’une parodie de sa propre image …
Mohamed M’zali
Tunisie : quel avenir ?
Ed. Publisud 1991 Paris
… Il est bien
vrai hélas que, depuis notre décolonisation, nous avons «
bien » travaillé à notre propre affaiblissement. Nos régimes
autoritaires ont chassé, de nos pays, nos plus brillant intellectuels,
créateurs et scientifiques … Les pousses de notre reconnaissance
culturelle, sociale, et scientifique se sont desséchés dans le
désert de notre unanimisme de commande et sous le givre de nos pouvoirs
forts ...
Radhia Haddad
Parole de femme
Ed. Elyssa Tunis –1995
… Le nouveau
concept de la famille … se heurtait à de nombreuses croyances néfastes,
profondément ancrées dans les esprits. Bourguiba, avec son ironie
mordante et ses dons de conteur, a consacré beaucoup de discours pour
tourner en dérisions ces mauvaises habitudes, comme l’isolement
des filles dans des caves souterrains pour les engraisser avant leur mariage,
ou l’épreuve de la virginité qui traumatisait les jeunes
mariés ... Je crois avoir suffisamment connu Bourguiba pour attester
qu’il était un partisan sincère de la libération
des femmes, et qu’il ne s’y était investi ni par calcul,
ni pour s’acquitter d’un tribut au XXème siècle…
Oui, nous avons chanté ses louanges ! Mais n’avait-il pas accompli
un prodige en décrétant à ses risques et périls
la libération immédiate et complète des femmes ? …
Aziz Krichen
Le syndrome Bourguiba.
Ed. Cerès Production Tunis 1992.
… De ce personnage,
nous connaissions le mythe – le bâtisseur de l’Etat, le fondateur
de la nation, le presque-Dieu à partir de quoi tout débute …
le leader populaire sorti du pays profond, non pas pétrisseur, mais lui-même
pétri dans l’argile humain de l’humanité de ce pays
et qui … s’est assimilé à la Tunisie au point de la
personnifier avec ses ambitions et ses élans, mais aussi ses contradictions
et ses incohérences …
Mohsen Toumi
La Tunisie de Bourguiba à Ben Ali.
PUF Paris 1989
… Nous avons
assisté au procès de Ben Salah en 1970. Il nous a ému par
cette sorte de désir d’absolu qui l’habite ; mais il nous
a irrité parce qu’il oubliait que face aux réalités
des hommes, l’absolu doit s’incliner …
Dans un discours prononcé à Jéricho … Bourguiba recommanda
à l’OLP … de songer à reconnaître le fait Israélien
… Dans toutes les capitales arabes (et aussi à Téhéran)
les ambassades tunisiennes furent saccagées, Bourguiba fut pendu, brûlé
en effigie … son seul défaut était d’être en
avance sur son époque
Les deux hommes (Nouira et Masmoudi ) sont rivaux … Nouira se méfie
du bagout et de « l’affairisme » de son collègue …
dans la conclusion de l’union de Jerba, M. Masmoudi s’était
comporté exactement comme un courtier politique. Son couvert des devoirs
de sa charge, il avait depuis 1972 multiplié les contacts avec les responsables
libyens. A Jerba, il était arrivé le premier, le 10 janvier …
Mohsen Toumi
La Tunisie : Pouvoirs et luttes.
Ed. Le Sycomore Paris 1978
… Deux éléments
apparaissent dans la démarche bourguibienne intellectuelle et politique
: le consensus et le temps. Le premier procède de la culture islamique,
le second de la formation occidentale. S’ils se contredisent, le second
vient au secours du premier …
Le modèle du PSD en la matière fut le parti communiste de l’URSS.
Il est un permis aux orientations générales conservatrices …
Le congrès de Bizerte (1964) a opéré les ajustements idéologiques
et structurels nécessaires …
Ali Dimassi
Habib Bourguiba : l’apôtre de la liberté tunisienne
C 1979
… En 1952, Edgar
Faure chargea un jeune et ardant ministre d’Etat, François Mitterand
d’étudier la question tunisienne… Mitterand reconnaissait
dans son plan la souveraineté tunisienne… Il était pour
l’institution du suffrage universel .. il se prononçait en même
temps pour l’instauration de la double nationalité … Le plan
consacrait également la notion d’autonomie interne. Exception faite
de la Défense nationale, des Affaires étrangères, et durant
un certain délai des Finances …
Quant à l’autonomie interne en 1955, Ahmed B. Salah, de New York,
s’inquiétait sur la question de la police. Plus discrètement,
Bahi Ladgham, à Genève, déclara qu’il « n’entendait
pas suivre Bourguiba dans sa traîtrise .
Arthur Conte
La légende de Bourguiba.
Ed. Media Paris 1978.
… Il peut être
aussi fervent que Nasser et aussi efficace que Sadate, aussi volontaire que
Tito et aussi rusé que Bhutto, aussi épique que De Gaulle et aussi
réaliste qu’Helmut Schmidt, aussi cultivé que Senghor et
aussi « sorcier » qu’Houphouet … Tantôt il peut
chanter comme un poète et tantôt sévir comme un Robespiere
… Il se réclame du fleuve socialiste, mais jamais personne ne confondait
ainsi son propre individualisme le plus férocement intransigeant et l’universalisme
le plus ample …
Camille Bégué
Le message de Bourguiba.
Ed. Hachette Paris 1972.
… Contre la
religion de la lettre, contre la sclérose des coutumes, contre le fatalisme,
son intelligence proteste comme par une sorte de réflexe …
Nourrie d’intuition et de présence, l’intelligence de Bourguiba
frappe par son ampleur et par sa diversité … L’objectif est
net, immuable. La tactique épouse le terrain. Il avance, il rompt, il
contourne, il attaque au centre, aux ailes, il recule en montant à l’assaut
…
« Dieu ne change pas la condition des hommes, s’ils ne changent
pas leur mentalité. » : Ce verset du Coran, Bourguiba l’a
adopté à l’aube de sa croisade.
Bulletin critique du livre en français
BCLF. N°
608 – Mai 1999
Dirigeants politiques et
grands commis de l'Etat au Maghreb ne nous ont pas habitués à produire des mémoires
pouvant servir de matériau pour écrire l'histoire de leur
pays depuis les indépendances. Tout au plus nous livrent-ils des
plaidoyers pro domo, qui sont tout autant des réquisitoires contre leurs
adversaires et ne nous apprennent rien sur le fonctionnement des régimes qu'ils
ont servis ni sur la culture politique ambiante. Cet ouvrage, rédigé à partir
de sources souvent inédites et d'une expérience approfondie du sérail
bourguibien, tranche avec cette habitude et constitue peut-être une première :
un homme qui a accompagné Bourguiba dans l'exercice du pouvoir presque continûment
et parfois à des postes clés, procède à une approche de cette période qu'on
pourrait comparer à celle à laquelle se livre Alain Peyrefitte sur De Gaulle
avec le bonheur d'écriture que l'on sait. Tahar Belkhodja se définit comme un
privilégié du système, qui fut catapulté très jeune dans le cercle du
pouvoir.
Les souvenirs de T. Belkhodja
constituent surtout une mine d'informations exceptionnellement riche et topique
tant sur les crises internes qu'externes qui ont ponctué le régime fondé par
Bourguiba. Sur la crise de Bizerte, l'ancien ambassadeur de Tunisie à Paris en
1971 nous donne sa version des faits, qui ne grandit pas Bourguiba, ce mégalomane
se prenant pour un « Jugurtha qui a réussi». Sur les conférences improvisées
du Kef et de Djerba, qui, l'une et l'autre, explorent les modalités d'une union
algéro-tunisienne, puis lybo-tunisienne, le récit de Belkhodja est de première
main et très révélateur du climat de surenchère émotionnelle dans lequel évolua
l'unionisme panarabe jusqu'au seuil des années 1980. Mais, à notre sens, plus
importante encore pour l'analyste de la Tunisie contemporaine est la
compréhension, équilibrée et sereine, des grandes secousses intérieures
qui faillirent emporter le régime à laquelle parvient cet ancien responsable
de l'ordre public : en particulier le « jeudi noir» (12 juin 1978), qui scelle
dramatiquement la fin de l'ère non violente de l'histoire de la Tunisie
postcoloniale….
Cet ouvrage, écrit dans un
style prenant, mitraille sous tous les angles Bourguiba et son entourage, dont
Wassila, sa deuxième épouse et femme d'influence, dont Belkhodja met en
exergue le sens de l'intérêt général. Jamais on n'avait vu Bourguiba de si
près et réalisé à quel point il était cyclothymique : lutteur souvent déprimé,
parfois au bout du rouleau, mais toujours rebondissant, mais aussi homme d'Etat
imposant sa vision d'une Tunisie commençant bien avant l'islam et la faisant
remonter à Carthage, et patriote plus familier des personnages d'Hannibal et de
Jugurtha que de saint Augustin et d'Ibn Khaldûn… Bref, on surprend notre mémorialiste
à s'accorder trop opportunément avec l’air du temps et à juger le passé
proche avec les idées d'aujourd'hui. Cela dit, son ouvrage, passionnant à
lire, constitue un témoignage capital pour comprendre la nature de la za'ama
(leadership de nature charismatique) de Bourguiba et revivre les moments forts
qui jalonnèrent l'exercice du pouvoir par cet homme exceptionnel.
Amicale des anciens Elèves du lycée Carnot.
Bulletin N°4-1998.
C’est là un livre « essentiel » dans la mesure où l’on trouve, en l’occurrence, un témoignage dont, le moins qu’on puisse dire, est qu’il ne pâtit pas de syndrome de l’autocensure. Le modèle « bourguibiste » nous est révélé dans sa pratique avec ses forces et ses faiblesses …
Le Dauphine libéré –
Grenoble 15 fév. 1999.
« L’avenir à la
lueur passé » : M. Belkhodja vient de sortir un ouvrage intitulé
« les trois décennies Bourguiba », où il donne un témoignage fort
sur une période clé de l’histoire contemporaine de la Tunisie. Nous lui
avons demandé qu’elle était sa perception de la Tunisie d’aujourd’hui.
Pour lui : « La Tunisie d’aujourd’hui est le produit de la
Tunisie d’hier … C’est une entité qui peut avoir de l’avenir pour que
cette région maghrébine et ce grand ensemble européen puissant aller de
l’avant … »
-La Dépêche de Toulon : France 18 décembre 1998.
… Dans un livre courageux
… Tahar Belkhodja apporte un témoignage essentiel sur les trois décennies de
présidence de Bourguiba … le ministre .. fut à maints reprises et à différents
postes, le ministre écouté de Bourguiba. Et cette proximité dans la
construction de la modernité tunisienne l’autorise à en faire le bilan. Des
droits de la femme … aux investissements considérables en faveur de la matière
grise … en passant par l’application parfois périlleuse d’une politique résolument
tournée vers l’occident, les trente années du « bourguibisme »
sont autant d’acquis qui ont permis le passage en donneur (le seul de ce type
en Afrique) au stade actuel de renouveau et de développement.
Le Monde : J. P. Turquoi
(le Monde des livres)
Sans complaisance, celui qui
fut un proche collaborateur du président, décrit trente ans de « bourguibisme ».
« Premier flic de Tunisie », maints fois ministre et ambassadeur,
Tahar Belkhodja raconte par le menu « la bataille de Bizerte », les
évènements du « Socialisme à la tunisienne », l’union avortée
avec la Lybie, les émeutes du pain, enfin la lente décrépitude physique de
Bourguiba et les jeux de pouvoir qu’elle nourrit…
- Documentation française :
Maghreb Machrek –
N° 163 – janvier - mars 1963.
Cet essai est le témoignage
d’un homme qui a occupé des fonctions importantes au sommet de l’Etat et du
parti … Des informations de première main viennent éclaircir des évènements
telle que la bataille de Bizerte ou les péripéties de la construction maghrébine.
On peut simplement regretter que l’auteur fasse l’impasse sur des questions
essentielles tel que le rapport de la classe politique à la montée de
l’islam radical ou la montée des militaires dans le système
politico-etatiste du parti unique …
- Institut de Recherche sur
le Maghreb Contemporain (IRMC) N°56 – Mai – juin 1999.
Ambivalence, omniprésence de
la question de la cession, qui mine les « bons » projets (pacte
social de 1977) par le jeu des stratégies individuelles, comportement néfaste
de l’entourage immédiat du président (à l’exception, souligne l’auteur,
de son épouse), le constat est sévère. Il est pourtant celui d’un homme du
système, qui revendique certes le statut de « semi-opposant »,
ambitionnant de changer le système de l’intérieur, vers plus de libération
et de démocratie. L’apport le plus intéressant de l’ouvrage a peut-être
finalement trait à la trajectoire politique de l’auteur : … d’un
bourguibiste prudent et légaliste, secondé par des disgrâces … et les
retours en grâce ; trajectoire d’un homme qui a intériorisé la
« réversibilité des situations », évoque « la chance »
de ses mises à l’écart du gouvernement en décembre 1977 … et à l’été
1983. … La fin des années Bourguiba est traitée à distance, en quelques
lignes, fin annoncée d’un régime qui n’a pas su dissocier l’Etat du
parti, ni institutionnaliser l’exercice du pouvoir politique.
- Association France-Tunisie :
Paris – septembre 1999. par Michel Lelong.
…. Ayant été lui-même
directement impliqué dans bien des faits qu’il rapporte, l’auteur en parle
… avec sérénité, en s’appliquant à expliquer les réactions des uns et
des autres, … Pour ce récit, aussi détaillé que passionnant, il utilise une
vaste documentation puisée aux meilleurs sources, ce qui fait de son livre une
importante contribution à l’histoire récente de la Tunisie. Une histoire
beaucoup plus complexe qu’on le croit parfois.
L’auteur dit toute
l’estime qu’il a pour Madame Wassila Bourguiba qui, écrit-il, « par
son intelligence et sa sagesse sauva bien des situations difficiles ». on
retiendra enfin son jugement sur le président Bourguiba dont il était très
proche et dont il parle avec admiration, affection et même --- tout en montrant
les difficultés … et la façon dont le « combattant suprême »
concevait et exerçait le pouvoir …
Maghreb confidentiel N°394
du 19 novembre 1998.
Cet ancien baron du
Bourguibisme, qui a passé de 1960 à 1983 de longues années dans des
ambassades à l’étranger et dans des fauteuils ministériels … vient de
publier « les 3 décennies de Bourguiba ». Un témoignage en direct
du palais de Carthage sur la danse du salp autour de Bourguiba de plusieurs
dauphins qui voulaient se faire introniser vice-président avant le punch
« médical du général » …
Jeune Afrique : 16 février
1999
… Ce témoignage de Tahar
Belkhodja … est important par tout ce qu’il éclaire sur les grandes épisodes
de la première présidence : bataille de Bizerte, expérience infructueuse
du socialisme tunisien, relation plus conflictuelles qu’amicales avec l’Algérie,
vraie fausse union avec la Lybie, évènements de Gafsa en juin 1980, congrès
pluriels du Néo-destour, dérives du bourguibisme et de l’homme Bourguiba,
atteint dans sa santé depuis 1967 ... A cet égard, il constitue un document de
première main pour suivre du dedans la politique tunisienne sous Bourguiba…
Maroc : Hebdo-
International 13 février 1999.
… Il est bien rare qu’un
ancien ministre de l’intérieur d’un pays arabe … se mette à table pour
écrire, non sa biographie, mais un sérieux témoignage de ses années
d’exercice, à l’ombre des 30 ans de pouvoir de Bourguiba …
Le livre est sévère, honnête,
et a échappé à la tentation de régler des comptes, même si la carrière de
Tahar Belkhodja au pouvoir n’a pas été un chemin seulement parsemé de
fleurs. A –t-il tout dit dans son livre ? sûrement pas en évoquant le
plus des responsabilités et la gêne d’ouvrir quelques dossiers « sensibles ».
Ce livre rappelle, entre
autre, les revendications du Royaume du Maroc sur le Sahara occidental … la médiation
tunisienne se prolonge vers Fès où Tahar Belkhodja parle au Roi du souhait de
Bourguiba de mettre fin à l’affrontement maroco-algérien … Un gachis
terrible qui a hypothéqué la construction du Maghreb sur des bases saines et
non hégémoniques
Tahar Belkhodja répond à
nos questions :
- Certes, je n’ai pas tout
dit, le droit de réserve a parfois prévalu, mais je ne suis pas le seul détenteur
de la vérité … On en viendra un jour dans nos pays au Verbatim d’Attali ou
au témoignage de Kissinger …
- Le Maghreb des slogans est
périmé, et nos concitoyens pensent à un Maghreb vaste, libre, prospère, où
il fait bon vivre, sans hégémonie et
sans frustration … Quant au problème du sahara, je reste convaincu qu’il
peut être résolu à l’échelle maghrébine …
ELWATAN Alger
27 janvier 1999.
… L’Algérie est au cœur
de ce passionnant témoignage qui, au delà de son seul intérêt
tuniso-tunisien, se concentre lourdement aussi sur les incidences maghrébines
de la politique extérieure de Bourguiba …
… Tahar Belkhodja … eut
l’occasion de vivre de très près, quand il ne les gérait pas à la demande
expresse du « Combattant suprême », les évènements et turbulences
impliquant la Tunisie avec, tour à tour, l’Algérie, la Lybie et le Maroc …
C’est lui, à l’ambassade de Tunisie en France, qui rendit visite à leur
demande, en mai 1961 aux cinq dirigeants algériens dont Ben Bella emprisonnés
au château de Turquant …
c’est ce personnage
(Bourguiba) hors du commun que les Algériens eurent aussi l’occasion de
croiser sur plusieurs générations …
-Le Quotidien d’Oran –
Algérie – 7 Décembre 1998.
… Dans un livre intitulé :
« Les trois décennies Bourguiba, qui contient de nombreuses anecdotes sur
les péripéties de la vie politique tunisienne, M. Belkhodja relate cet avatar
du pan-arabisme qui devait, selon le désir du dirigeant libyen aboutir à une
fusion totale du pays …
WALF Dakar 5 mars 1999
… les mémoires de Tahar
Belkhodja constituent un livre courageux. Il échappe au syndrome de
l’autocensure et de la langue de bois. C’est une contribution à l’étude
du présidentialisme africain dans sa version arabo-berbère. Ce témoignage est
d’autant plus intéressant qu’il a été … militant à l’Union Générale
des Etudiants ( UGET) dont les relations avec la fédération des étudiants
d’Afrique Noire (FEANF) ont connu des hauts et des bas … la prise de
position anti-Lumumbiste de Bourguiba a amené la FEANF à condamner Bourguiba
…
Agence France – Presse
(AFP) – 6 déc. 1998.
Khadafi, la république
islamique du maghreb, le lait et les dattes de Djerba.
… Selon Taher Belkhoudja,
qui fut de longues années un confident du « combattant suprême »
Habib Bourguiba, Khadafi écrivit dans la nuit 11 au 12 juin 1974 le texte
fondateur de cette république islamique aussitôt rejetée par l’Algérie
dans un hôtel de Djerba et le fit adopter par Bourguiba …
le 2 février 1982 à Sfax
(Tunisie) « répondant à l’insistance de Bourguiba, le colonel Khadafi
restitue à la Tunisie l’original de la déclaration unitaire de Djerba … ».
Le Temps : Tunis – 22
fev. 2000.
« Il s’agit d’un témoignage
sur les trois décennies post-indépendance qui relate les moments forts de
l’exercice du pouvoir … dont l’échec de la tentative de démocratisation
engagée en 1981 … dû à la crainte du parti … de perdre sa mainmise sur
Tunis, la capitale …